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ANS 2026–2028 : à l’épreuve du service rendu

Une lecture du numérique en santé à partir du service rendu, des infrastructures et de leur adoption par les professionnels et les usagers.

Lionel Reichardt · Pharmageek8 min de lecture
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Avec la création de la DGRINES, la nomination de Lise ALTER et le premier contrat d’objectifs et de performance de l’ Agence du Numérique en Santé ANS, la gouvernance française du numérique en santé évolue. L’enjeu sera de transformer cette nouvelle organisation en services plus fiables, plus simples et réellement utilisés IAtrogénique x IAtus — Décryptage du 12 septembre 2026 La séquence mérite d’être regardée dans son ensemble.

Le 18 juin 2026, un décret crée la Direction générale de la recherche, de l’innovation et du numérique en santé, la DGRINES.

Le 8 juillet, le conseil d’administration de l’Agence du Numérique en Santé approuve son premier contrat d’objectifs et de performance, couvrant la période 2026–2028.

Le 10 septembre, Lise Alter est nommée à la tête de la nouvelle direction générale, avec une prise de fonction prévue le 14 septembre.

Le 11 septembre, l’ANS présente publiquement sa nouvelle feuille de route.

Notre lecture : cette rentrée peut ouvrir une étape où la réussite du numérique en santé se jugera davantage sur la fiabilité des services, leur adoption et les difficultés qu’ils permettent de résoudre. Encore faudra-t-il que les indicateurs, les moyens et les arbitrages suivent.

Une direction générale pour rapprocher recherche, innovation et numérique

Lire ou relire l'article du 24 juin Article - DGRINS : la fin du numérique en santé comme sujet à part La DGRINES dispose d’un champ d’action large : recherche appliquée, innovation organisationnelle et technologique, stratégie numérique, gouvernance des données de santé et usages secondaires. Le décret organise également la substitution de cette direction à la Délégation du numérique en santé dans les organes délibérants concernés. Il lui confie notamment le pilotage des expérimentations d’innovation organisationnelle relevant de l’article 51, ainsi que des missions de coordination, de financement et d’animation de l’écosystème. L’intérêt potentiel de ce rapprochement est concret. Dans un projet de santé numérique, les questions de recherche, de preuve, d’organisation, de financement et de déploiement se présentent souvent simultanément. Une technologie prometteuse peut rester bloquée faute d’intégration dans les pratiques. Une expérimentation concluante peut manquer de trajectoire de généralisation. Un outil peut être financé avant que ses conditions d’utilisation soient suffisamment préparées. Réunir ces compétences peut faciliter les décisions entre ces étapes. Cela ne garantit cependant ni leur rapidité ni leur cohérence : celles-ci dépendront du fonctionnement effectif de la nouvelle direction et de ses relations avec les autres administrations et opérateurs. Le parcours de Lise Alter éclaire cette articulation. Médecin, elle a notamment exercé à la DGOS, dirigé l’évaluation et l’accès à l’innovation à la HAS, puis l’Agence de l’innovation en santé, avant des fonctions de direction de cabinet ministériel. Sa nomination associe donc au pilotage de la DGRINES une expérience de l’évaluation, de l’innovation et de la décision publique.

Le COP de l’ANS : rendre les engagements vérifiables

Le contrat précise la répartition des responsabilités : l’État fixe les orientations stratégiques ; l’ANS les met en œuvre selon les modalités et indicateurs définis, puis rend compte annuellement à son conseil d’administration et à ses tutelles. Il s’agit donc du contrat de l’Agence, à articuler avec les politiques nationales, et non d’un document qui résumerait à lui seul toute la stratégie française de recherche, d’innovation et de numérique en santé. Trois axes organisent ses sept engagements : Le changement annoncé porte sur la manière de piloter : qualité de service, satisfaction, adoption et usages doivent peser davantage dans les décisions. Cette évolution est bienvenue. Mais elle demandera une discipline : distinguer ce qui est produit, ce qui fonctionne, ce qui est utilisé et ce qui améliore effectivement les parcours.

Les annuaires deviennent un sujet stratégique

Le COP donne une place importante au RPPS, à FINESS, à l’Annuaire Santé et au ROR. Il prévoit leur rationalisation, l’amélioration de leur cohérence, la refonte de FINESS et la convergence vers le ROR national. Il associe à ces travaux les autorités qui alimentent les données — ARS, ordres, employeurs — et les services qui les utilisent, notamment pour l’information et l’orientation. C’est un point essentiel pour la coordination des soins. Trouver un professionnel, identifier une structure ou orienter vers une offre adaptée suppose de disposer d’informations fiables et actualisées. Le meilleur parcours numérique peut échouer si les données qui le soutiennent sont incomplètes ou dépassées. Notre analyse est donc que la qualité des répertoires constitue une condition de la qualité de l’orientation. Le contrat prévoit des cibles de disponibilité, mais il faudra également regarder la fraîcheur, la complétude et l’utilisation des données. Un service accessible peut contenir une information insuffisante ; une information exacte peut rester difficile à exploiter.

L’expérience utilisateur entre dans le pilotage

Le COP prévoit un dispositif de remontée et de suivi des irritants, des expérimentations de terrain et un pilotage du portefeuille de services intégrant satisfaction, adoption, niveaux de service et coûts. La cible est de cinq services pilotés avec l’ensemble des indicateurs définis en 2027, puis dix en 2028. Pour les professionnels, les établissements et les éditeurs, l’intérêt se situera dans la boucle de correction : une difficulté signalée devra pouvoir être qualifiée, attribuée, traitée et suivie. Cela suppose aussi de préciser qui répond aux enquêtes. La satisfaction d’un intégrateur, celle d’un relais régional et celle d’un professionnel utilisant quotidiennement un service ne décrivent pas la même expérience. Les trois sont utiles, à condition de conserver cette distinction.

Identité numérique : sécuriser les accès tout en simplifiant les parcours

L’ANS prévoit de construire une offre plus cohérente sous la bannière Pro Santé Connect, en articulant répertoires, identification, cartes professionnelles et certificats. Le contrat prépare aussi l’interopérabilité avec les portefeuilles européens d’identité numérique. Il mentionne un dépôt de dossier auprès de l’ANSSI en 2027, en vue d’une certification en 2029, donc au-delà de la période du COP. Il maintient parallèlement un rôle aux cartes physiques CPx pendant la transition des téléservices concernés. Cette trajectoire doit être lue comme une transformation progressive des accès. L’authentification des professionnels concerne à la fois la protection des données et leur capacité à travailler sans interruptions excessives. Quelques objectifs qu’il faudra suivre précisément Les annexes permettent de passer des intentions aux engagements : Ces distinctions sont indispensables pour apprécier honnêtement les résultats futurs. Un indicateur d’équipement mesure le déploiement. Un taux de disponibilité mesure une dimension de la fiabilité.

Régulation européenne et IA : des ambitions à qualifier

Le contrat prépare l’ANS à de possibles responsabilités d’autorité de santé numérique et d’autorité de surveillance des marchés dans le cadre européen. Il précise toutefois que ces responsabilités restent sous réserve des décisions d’attribution. Sur l’IA, deux démarches distinctes apparaissent : l’intégration progressive d’outils dans les processus et services de l’Agence, avec gouvernance dédiée et identification de processus à optimiser ; une exploration du renforcement de la régulation éthique de l’IA en santé, en complémentarité avec les autorités existantes et selon les arbitrages à venir. • l’intégration progressive d’outils dans les processus et services de l’Agence, avec gouvernance dédiée et identification de processus à optimiser ; • une exploration du renforcement de la régulation éthique de l’IA en santé, en complémentarité avec les autorités existantes et selon les arbitrages à venir. Un autre chantier mérite l’attention des professionnels et des éditeurs : la portabilité des données des logiciels de gestion de cabinet, pour laquelle un dispositif de régulation est à l’étude. La possibilité de changer de solution en préservant ses données est un enjeu de continuité, d’autonomie et de concurrence. Là encore, il faut distinguer le chantier annoncé d’une obligation nouvelle déjà opérationnelle.

La cybersécurité se juge aussi pendant l’incident

Le renforcement du CERT Santé, la coordination avec les ressources régionales et l’accompagnement des établissements figurent dans le contrat. Celui-ci prévoit notamment de développer les capacités de réponse en heures non ouvrées et de poursuivre les actions du programme CaRE. Pour les acteurs de terrain, l’enjeu est de savoir quoi faire lorsque les outils ne fonctionnent plus : qui contacter, comment maintenir l’activité, quelles priorités de rétablissement partager et comment organiser les relais. La résilience numérique doit ainsi être évaluée jusqu’à ses conséquences sur l’organisation des soins.

Ce que nous attendrons de cette nouvelle étape

La création de la DGRINES et le COP de l’ANS rendent possible une meilleure articulation entre ambition publique et exécution. Pour en apprécier les effets, quatre questions devront rester visibles : Les responsabilités deviennent-elles plus lisibles ? Un professionnel, un établissement ou une entreprise doit pouvoir identifier son interlocuteur et comprendre le circuit de décision. Les priorités sont-elles financées dans la durée ? Le contrat prévoit une meilleure connaissance des coûts, une comptabilité analytique et des arbitrages sur les ressources. Ces outils devront soutenir les choix entre nouvelles missions, maintenance et accompagnement. Les résultats sont-ils accessibles à l’écosystème ? La publication régulière d’indicateurs compréhensibles, de leurs méthodes et des écarts constatés donnerait toute sa portée à l’engagement de rendre compte. Les utilisateurs constatent-ils une amélioration ? Des accès plus fiables, des données plus utiles, des démarches plus simples et des problèmes mieux traités seraient les signes tangibles du changement. Pour IAtrogénique x IAtus, c’est à cet endroit que cette séquence institutionnelle devient intéressante : lorsqu’une responsabilité mieux définie se traduit par un service qui fonctionne mieux, au moment où quelqu’un en a besoin. Sources principales : communiqué de l’ANS, stratégie 2026–2028, décret de création de la DGRINES et nomination de Lise Alter. ASIP, ANS, DNS, DGRINES, RPPS, FINESS, ROR, INS, SNDS, EHDS… Bienvenue dans le merveilleux monde des sigles de la santé numérique ! 🎵 « Le Glossaire des Sigles » est la deuxième chanson de l’album Santé 5.0 de Pharmageek : une satire jazzy hip-hop de notre passion collective pour les acronymes, les changements de noms, les nouveaux organigrammes et les plateformes censées simplifier les plateformes précédentes. Derrière l’humour, une vraie question : comment rendre la santé numérique compréhensible, utilisable et réellement utile aux professionnels, aux patients et aux citoyens ? - retrouvez la première chanson sur Youtube "Si j'avais la levée de Doctolib" https://youtu.be/iux8qg8_8IA Lise ALTER Jean-Christophe Zerbini David Sainati ♦️David PETAUTON♦️ Stephanie RIST Jean-Baptiste Lapeyrie Laurent JOUBERT Jean-François BAUMANN Aliénor Courvalin HERVE GARREAU Hela Ghariani Yann-Mael Le Douarin Line LIGOUT-FARAH Aymeric Perchant Isabelle Zablit-Schmitz Giovanna Marsico Louisa Stüwe Thomas Fatôme Arthur Dauphin Dominique Pon Dr.Jacques LUCAS Antoine Tesniere Charles Édouard Escurat Caroline Guillot Anne BEINIER Jérôme LELEU Dr Jean Louis Fraysse Patrick Callier Pierre-Antoine Gourraud Arnaud HANSSKE MD MSc HIS Philippe Loudenot 🛡 Marguerite BRAC DE LA PERRIERE Omar YAHIA Francis Mambrini William ROLLAND Arnaud Billy Anne MAHEUST François Lescure Thibault Naline Zaynab Riet Lamine Gharbi Carine Wolf-Thal Philippe Besset Daniel Guillerm Pascale Mathieu Sébastien Guérard François BLANCHECOTTE Lionel Barrand Jean-Philippe Masson éric bothorel Anthony Gomes de Carvalho Patrice Hillaire Sophie Buet David Ledru Bernard castells Isabelle Cambreleng Anass EL HILAL Agence du Numérique en Santé Ministère de la Santé Assurance Maladie Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie Haute Autorité de Santé GIE SESAM-Vitale France Assos Santé PariSanté Campus ANAP Fédération hospitalière de France (FHF) Fédération de l'Hospitalisation Privée (FHP) FEHAP FNEHAD · Fédération de l'Hospitalisation à Domicile Unicancer Nexem numeum FEIMA Fédération Snitem France Digitale INTEROP'SANTE Apssis CyberCercle Conseil national de l'Ordre des médecins Ordre national des pharmaciens AVECsanté SESAN SoFIA-Santé

Texte récupéré depuis la publication d’origine le 21 octobre 2026. Les informations sont à lire à leur date de publication. Les liens et médias d’origine se consultent sur LinkedIn.

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