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Vitale DAYS 2026 : de l’identité numérique de confiance aux usages

De la carte Vitale à l’identité numérique de confiance : une édition spéciale consacrée aux usages, à l’accès et aux conditions d’une simplification réelle des soins.

Lionel Reichardt · Pharmageek29 min de lecture
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De la carte Vitale à l'identité numérique de confiance : et maintenant, prouvons que cela simplifie vraiment les soins !

IDENTIFIER → CONNECTER → SIMPLIFIER → PROUVER

IAtrogénique × IAtus — Édition spéciale Vitale DAYS 2026 Par Lionel Reichardt — Pharmageek Une seule identité pour accéder à plusieurs services de santé. Moins de mots de passe, moins de démarches, moins de ruptures. La promesse est belle. Mais une identité numérique sécurisée ne fait pas automatiquement un parcours de santé simplifié. Une application peut-elle devenir une infrastructure ? Une authentification commune peut-elle réellement fluidifier les parcours ? Et qui pourra démontrer que les investissements consentis améliorent les soins ? Le 13 octobre 2026, au Mans, ces questions ont traversé la conférence stratégique des Vitale DAYS, organisée par le GIE SESAM-Vitale . J'ai eu le plaisir de concevoir et d'animer cette séquence pour la deuxième année consécutive. Mon intention était simple : éviter une succession de présentations institutionnelles pour organiser une véritable confrontation des points de vue. D'un côté, les institutions chargées de garantir la confiance et la sécurité. De l'autre, les éditeurs et les industriels qui doivent intégrer les solutions. Et, au centre, les professionnels et les patients qui devront réellement les utiliser. Trois tables rondes, quinze intervenants, un entretien vidéo avec Guillaume Couillard , un grand témoin et quatre consultations du public grâce à Mentimeter. Notre fil rouge tenait en trois verbes :

IDENTIFIER. CONNECTER. SIMPLIFIER.

Mais à l'issue de près de deux heures d'échanges, j'en ajouterais désormais un quatrième :

PROUVER.

Prouver que l'identité numérique ne se contente pas de déplacer la complexité. Prouver qu'elle améliore effectivement les usages. Et prouver que ses bénéfices justifient les investissements qu'elle nécessite. Car au fond, nous ne parlons plus simplement d'une carte Vitale dans un smartphone.

Nous parlons de l'architecture de confiance du numérique en santé.

1. « Sésame, ouvre-toi » : quand la carte Vitale devient une clé

Cécile Alomar : la confiance se construit et s'entretient

Pour ouvrir la soirée, Cécile Alomar, présidente du GIE SESAM-Vitale, a rappelé une histoire dont nous avons parfois oublié la portée. La carte Vitale et la carte de professionnel de santé ont contribué à rendre possible, à grande échelle, la facturation électronique des soins. Ce qui paraît aujourd'hui banal représente pourtant une infrastructure complexe, reposant sur des règles communes, des acteurs coordonnés et une exigence permanente de disponibilité. La confiance ne s'est pas construite en quelques semaines. Elle est devenue une composante quotidienne du fonctionnement du système de santé. Cécile Alomar a rappelé les trois grandes missions du GIE : développer les solutions d'identification, accompagner leur déploiement et assurer leur maintien en conditions opérationnelles. Cette troisième dimension est souvent la moins visible. Elle est pourtant fondamentale. Une infrastructure numérique de santé ne peut pas être évaluée uniquement à travers les fonctionnalités qu'elle propose. Elle doit aussi être jugée sur sa capacité à fonctionner chaque jour, à grande échelle, y compris lorsque les conditions sont dégradées. C'est une première leçon pour la suite : la confiance ne se résume pas à un niveau de sécurité. Elle suppose également la continuité du service.

Anthony Gomes de Carvalho : de la carte à l'infrastructure d'identité

Anthony Gomes de Carvalho , directeur général du GIE SESAM-Vitale, a ensuite élargi la perspective. L'appli carte Vitale ne doit pas être comprise uniquement comme la reproduction numérique d'une carte physique. Elle devient progressivement un moyen d'identification électronique et un support permettant d'articuler plusieurs dimensions de l'identité. Quatre dimensions ont été évoquées : L'identité civile, qui établit les informations d'état civil. L'Identité nationale de santé (INS), utilisée pour référencer de manière fiable les données de santé. L'identité liée à l'Assurance Maladie Obligatoire (AMO), pour les informations d'affiliation et les droits correspondants. L'identité liée à l'Assurance Maladie Complémentaire (AMC), dont l'intégration est envisagée dans une étape ultérieure. • L'identité civile, qui établit les informations d'état civil. • L'Identité nationale de santé (INS), utilisée pour référencer de manière fiable les données de santé. • L'identité liée à l'Assurance Maladie Obligatoire (AMO), pour les informations d'affiliation et les droits correspondants. • L'identité liée à l'Assurance Maladie Complémentaire (AMC), dont l'intégration est envisagée dans une étape ultérieure. Cette distinction est essentielle. Une identité civile, une identité de santé et une identité assurantielle ne répondent pas aux mêmes finalités. Les rapprocher dans un parcours cohérent ne signifie pas les fusionner sans distinction, ni autoriser indistinctement leur circulation. C'est précisément ce qui rend le sujet intéressant : une infrastructure commune doit permettre de simplifier les usages tout en respectant les règles propres à chaque catégorie d'information.

L'annonce structurante : le fournisseur d'identité

Anthony Gomes de Carvalho a également annoncé l'ouverture du processus d'autorisation des fournisseurs de services souhaitant utiliser la fonction de fournisseur d'identité numérique de l'appli carte Vitale. Ce changement est majeur. Jusqu'ici, nous avons surtout connu la carte Vitale comme un outil présenté lors d'un acte ou d'une démarche de soins. Avec cette nouvelle fonction, l'application pourra également intervenir en amont d'un parcours numérique, pour permettre à un assuré de s'authentifier auprès de services autorisés. Prise de rendez-vous, préadmission hospitalière, démarches administratives, accès à des services numériques de santé : les perspectives sont nombreuses. Mais il faut distinguer trois étapes : La capacité technique existe ou se construit. Les services doivent ensuite être autorisés et raccordés. Les utilisateurs doivent enfin adopter les parcours proposés. Confondre ces trois étapes reviendrait à annoncer des bénéfices avant qu'ils soient réellement disponibles. Anthony a résumé l'exigence de manière très concrète : Tout le paradoxe de l'identité numérique en santé tient dans cette phrase. Nous avons besoin de mécanismes de confiance toujours plus robustes. Mais leur réussite dépendra de leur capacité à devenir presque invisibles dans l'expérience utilisateur. La complexité technique doit être maîtrisée par l'infrastructure, pas transférée au patient.

2. Guillaume Couillard : « Le numérique, c'est vraiment le trait d'union »

Un entretien enregistré pour prolonger le débat

Guillaume Couillard , de la Caisse nationale de l’Assurance Maladie , ne pouvait pas être présent physiquement au Mans. Nous avons donc enregistré un entretien vidéo en amont de la conférence, organisé autour des trois actes de la soirée. Une version raccourcie a été diffusée dans la salle. Cet échange mérite une place particulière dans cette newsletter, parce qu'il permet de relier les mécanismes d'identification à une vision beaucoup plus large de la transformation du système de santé.

Sécuriser les accès sans multiplier les obstacles

Guillaume a rappelé une évidence que nous perdons parfois de vue : patients et professionnels doivent pouvoir prouver leur identité pour accéder à des services numériques sensibles. Mais cette exigence ne devrait pas les obliger à recommencer indéfiniment les mêmes opérations. La mutualisation de l'authentification entre plusieurs services constitue donc un objectif important. C'est ici qu'apparaît la notion de SSO — Single Sign-On, ou authentification unique. L'idée est simple : permettre à une personne de réutiliser, dans un périmètre défini et dans des conditions de sécurité maîtrisées, une authentification déjà réalisée. Il ne s'agit pas d'ouvrir toutes les portes sans contrôle. Il s'agit d'éviter les contrôles redondants lorsqu'ils n'apportent pas de sécurité supplémentaire.

Prévention, qualité des parcours, efficience : trois finalités

L'entretien a également permis de replacer l'identité numérique dans trois ambitions plus larges. La prévention. Le numérique peut contribuer à proposer des messages et des services davantage personnalisés, notamment à travers Mon espace santé. La qualité des parcours. La coordination entre professionnels, l'accès aux informations utiles, le Dossier Médical Partagé et l'ordonnance numérique peuvent réduire certaines ruptures dans la prise en charge. L'efficience. La diminution des ressaisies, des démarches répétitives et des échanges inutiles peut libérer du temps et améliorer l'organisation. Guillaume a utilisé une formule que j'ai reprise pendant la soirée : Cette expression résume parfaitement le défi. Le numérique n'a pas vocation à ajouter des outils à des outils. Il doit relier les personnes, les services, les organisations et les différents moments d'un parcours.

Le logiciel métier comme véritable lieu d'adoption

Un autre point de l'entretien mérite d'être souligné. Les services numériques doivent s'intégrer dans les logiciels que les professionnels utilisent déjà. Cela peut paraître évident. Pourtant, une grande partie des difficultés du numérique en santé vient précisément de l'écart entre la logique des infrastructures et celle des pratiques professionnelles. Une nouvelle plateforme peut être une innovation remarquable pour son concepteur. Elle peut aussi devenir une contrainte supplémentaire pour le professionnel qui doit ouvrir une fenêtre, saisir un mot de passe, rechercher un patient puis recopier une information dans son logiciel habituel. L'innovation ne se mesure pas au nombre d'interfaces créées, mais au nombre de frictions supprimées. C'est avec cette perspective que nous avons engagé les trois tables rondes.

3. ACTE I — IDENTIFIER : peut-on être très sécurisé et vraiment simple ?

Avant la première table ronde, j'ai posé une question au public : « Pour vous, qu'est-ce qui est indispensable pour faire confiance à une identité numérique en santé ? » Parmi les 90 réponses recueillies sur Mentimeter, quatre mots se sont particulièrement détachés : SECURITE / FIABILITE / CONFIANCE / SOUVERAINETE Le résultat est révélateur. La sécurité domine, mais les réponses ne se limitent pas à une attente de protection technique. Elles traduisent également un besoin de fiabilité, de gouvernance et de maîtrise. Car une identité numérique n'est pas digne de confiance uniquement parce qu'elle utilise un mécanisme d'authentification robuste. Elle doit également être correctement établie, mise à jour, protégée et utilisable dans des conditions compréhensibles.

Sébastien Houget : la confiance commence à l'activation

Avec Sébastien Houget , du GIE SESAM-Vitale, nous avons commencé par l'étape initiale : l'enrôlement. Comment s'assurer que la personne qui active l'appli carte Vitale est bien celle qu'elle prétend être ? Deux parcours d'activation ont été présentés, selon la situation de l'assuré : l'un s'appuyant sur France Identité, l'autre sur un dispositif de vérification d'identité à distance. Ces mécanismes répondent à une difficulté fondamentale : une identité numérique ne peut être plus fiable que la procédure qui a permis de l'établir. La possibilité de bloquer ou de révoquer l'application en cas de perte ou de vol participe également à cette chaîne de confiance. La sécurité ne commence pas à la connexion. Elle commence à l'enrôlement et se poursuit pendant toute la vie de l'identité. Cela suppose de penser aussi la récupération d'accès, les changements de téléphone et les situations d'incident.

Laurent Joubert : être identifié ne signifie pas être habilité

Laurent JOUBERT , de l' Agence du Numérique en Santé , a apporté le point de vue des professionnels. Les dispositifs comme Pro Santé Connect, les répertoires de référence et les mécanismes d'authentification permettent d'établir une identité professionnelle de confiance. Mais une distinction doit rester centrale. Savoir qui est un professionnel ne suffit pas à déterminer tout ce qu'il est autorisé à faire. L'authentification répond à la question : « Qui êtes-vous ? » L'autorisation répond à une autre : « Que pouvez-vous faire dans ce contexte ? » Un professionnel correctement authentifié ne dispose pas, par principe, d'un droit universel d'accès aux données de santé. Ses habilitations doivent dépendre du service, de sa fonction, de la situation et des règles applicables. Cette distinction vaut également pour les patients et les représentants légaux.

Emmanuel Gomez : la sécurité ne peut pas être négociée à la légère

J'ai ensuite demandé à Emmanuel Gomez , de la Caisse nationale de l’Assurance Maladie , jusqu'où il était possible de renforcer la sécurité sans décourager les utilisateurs. Sa réponse a été nette : Le risque d'usurpation d'identité est réel. Dans un environnement où les données peuvent être particulièrement sensibles et où certaines démarches produisent des effets administratifs ou médicaux importants, la sécurité ne peut pas être considérée comme une option. Mais l'intervention a également rappelé une difficulté très concrète : les utilisateurs ne lisent pas toujours les consignes. Nous ne pouvons donc pas construire des parcours sécurisés en supposant que chacun prendra le temps de comprendre une documentation complexe. Une bonne sécurité doit aussi être une sécurité intelligible. C'est là que l'ergonomie devient une composante de la confiance.

Valérian Ponsinet : le véritable test se déroule au comptoir

Avec Valérian Ponsinet , représentant l' Union Nationale des Professionnels de Santé UNPS, nous avons ramené le débat dans le quotidien des professionnels de santé. Son exigence est simple : l'application doit être rapide, fiable et ne pas générer de surcoût pour les professionnels. Le point est essentiel. Une procédure qui ajoute quelques étapes peut sembler acceptable lors d'une démonstration. Mais dans une pharmacie, un cabinet ou un établissement de soins, ces étapes se répètent des dizaines, voire des centaines de fois. Le temps consacré à une opération numérique n'est jamais totalement abstrait. Il est pris sur le temps du professionnel, sur celui du patient et parfois sur celui du soin. Le crash-test d'une infrastructure ne se déroule pas uniquement dans un laboratoire de sécurité. Il se déroule aussi au comptoir, lorsque plusieurs patients attendent.

William Rolland : les industriels ne peuvent pas être oubliés

William ROLLAND , représentant le Snitem , a élargi la réflexion aux dispositifs médicaux, aux logiciels et aux données qu'ils produisent. L'identité numérique doit pouvoir s'articuler avec des environnements techniques et réglementaires variés. Mais comment éviter que chaque industriel développe son propre mécanisme d'identification ? Comment concilier les standards communs avec les contraintes des produits existants ? Et comment financer les adaptations nécessaires ? Le sujet dépasse largement le protocole d'authentification. Il concerne la capacité de l'écosystème à industrialiser une infrastructure commune.

Ce que je retiens de l'acte IDENTIFIER

La première table ronde a révélé une tension productive. Les institutions doivent garantir la sécurité. Les professionnels exigent la rapidité et la fiabilité. Les industriels doivent intégrer les dispositifs dans des systèmes existants. Et les utilisateurs attendent que tout cela fonctionne sans complication excessive. Le vrai débat n'oppose donc pas sécurité et simplicité. Il porte sur la manière d'obtenir les deux, sans reporter la complexité sur les utilisateurs.

4. ACTE II — CONNECTER : une identité de confiance doit ouvrir des services

Le deuxième Mentimeter posait une question différente. Qu'attendons-nous concrètement d'une identité numérique de confiance ? Les 90 réponses ont fait apparaître une hiérarchie très instructive. Les trois premières attentes étaient : 1. Accéder plus simplement aux services de santé. 2. Faciliter les démarches à distance. 3. Réduire le nombre de comptes et de mots de passe. Venaient ensuite le partage approprié des données, l'accès aux droits, la coordination des soins et la création de nouveaux services. Le message est particulièrement intéressant. Le public ne demande pas d'abord davantage de fonctionnalités. Il demande que les services existants fonctionnent mieux ensemble.

Linda Debernardi : l'expérience de FranceConnect

Linda Debernardi , de la Direction interministérielle du numérique (DINUM) , a apporté l'expérience de FranceConnect. Pourquoi imposer à un citoyen la création d'un nouveau compte pour chaque démarche lorsqu'il dispose déjà d'un moyen d'identification de confiance ? La fédération d'identité permet précisément à différents services de s'appuyer sur un mécanisme commun d'authentification. Mais le secteur de la santé introduit des contraintes particulières. Une authentification fiable ne règle pas automatiquement les questions de confidentialité, de référencement des dossiers, de consentement ou de droits d'accès. Partager une capacité d'authentification ne signifie pas partager indistinctement les données. C'est une distinction que les architectures devront préserver.

David Ledru : vers une identité réutilisable entre plusieurs services

David Ledru , du GIE SESAM-Vitale, a détaillé les perspectives du nouveau fournisseur d'identité. L'objectif est de permettre à un assuré d'utiliser l'appli carte Vitale pour s'authentifier auprès de services numériques autorisés. Nous avons notamment évoqué des situations concrètes : prendre rendez-vous, effectuer une préadmission hospitalière ou accéder à différentes démarches de santé. Le sujet du Single Sign-On est apparu explicitement. Car la véritable promesse n'est pas simplement de remplacer un mot de passe par une application. Elle est de construire une continuité entre des services qui, aujourd'hui, demandent souvent à l'utilisateur de recommencer les mêmes opérations. Mais attention à ne pas confondre les étapes. Un fournisseur d'identité commun ne garantit pas automatiquement un SSO transversal. Nous y reviendrons.

Nathalie Cauquelin : accéder au bon dossier, pas simplement se connecter

Avec Nathalie Cauquelin, du Conseil national de l'Ordre des pharmaciens, nous avons abordé le Dossier Pharmaceutique. L'enjeu ne consiste pas uniquement à authentifier un utilisateur. Il faut également être certain que l'information consultée ou alimentée correspond au bon patient. C'est ici que l'Identité nationale de santé prend toute son importance. Une connexion réussie ne garantit pas, à elle seule, que le rapprochement avec un dossier métier est correct. L'identité numérique doit donc relier l'authentification à une identification fiable, sans confondre les deux.

Jean-François Magne : la simplicité doit être absorbée par les logiciels

Jean-François Magne, représentant la FEIMA Fédération, a apporté le regard des éditeurs. Un professionnel de santé ne devrait pas avoir à comprendre toute l'architecture des services numériques pour accomplir son travail. Les mécanismes d'identification, les échanges de données et les accès aux services doivent s'intégrer dans le logiciel métier. Mais cette intégration a un coût. Développements, tests, mises à jour, maintenance, support, adaptation aux standards et exigences de sécurité : la simplification visible pour l'utilisateur repose sur un travail technique souvent considérable. Qui finance la complexité que l'on veut rendre invisible ? C'est une question centrale.

Élodie Dupont : connecter des services ne suffit pas à construire un parcours

Avec Élodie Dupont, de la CPAM de la Sarthe, nous avons replacé le sujet dans la réalité des démarches. Une succession de services numériques, même performants individuellement, ne constitue pas nécessairement un parcours cohérent. Le patient peut être correctement identifié dans chaque application tout en devant ressaisir plusieurs fois ses informations. Il peut disposer de droits ouverts sans parvenir à les faire reconnaître simplement dans une démarche. Il peut recevoir des informations numériques sans qu'elles soient disponibles au bon moment pour le professionnel. CONNECTER ne signifie donc pas simplement raccorder des systèmes. Cela signifie permettre à la bonne personne d'accéder au bon service, avec la bonne information, au bon moment.

5. DÉCRYPTAGE — Le fournisseur d'identité n'est pas encore le SSO universel

C'est probablement l'un des sujets techniques les plus importants de cette transformation. Le GIE SESAM-Vitale développe une fonction de fournisseur d'identité reposant sur l'appli carte Vitale et utilisant OpenID Connect (OIDC). OIDC est un standard permettant à un service numérique de s'appuyer sur un fournisseur d'identité pour authentifier un utilisateur. Il peut également permettre la transmission encadrée d'informations nécessaires au service. Mais plusieurs notions doivent être distinguées. Identifier, c'est établir de quelle personne on parle. Authentifier, c'est vérifier que l'utilisateur est bien cette personne. Autoriser, c'est déterminer ce qu'il peut consulter ou faire. Le SSO, ou authentification unique, permet de réutiliser une authentification dans un périmètre défini, sans imposer systématiquement une nouvelle connexion. Ces mécanismes sont complémentaires. Ils ne sont pas interchangeables.

Pourquoi OIDC ne suffit pas

Deux services peuvent utiliser le même fournisseur d'identité tout en demandant chacun une authentification distincte. Le SSO dépend notamment de la gestion des sessions, des politiques de réauthentification et des conditions d'utilisation du fournisseur d'identité. Certaines opérations sensibles peuvent nécessiter une vérification supplémentaire. Une session peut expirer. Un utilisateur peut changer de rôle ou perdre une habilitation. Un poste partagé peut imposer des précautions particulières. Et une connexion réussie ne doit jamais être interprétée comme une autorisation générale d'accéder aux données de santé.

La question que je poserais au GIE SESAM-Vitale

L'ambition est-elle de proposer un moyen d'authentification commun, ou d'aller progressivement vers un véritable SSO sectoriel permettant aux patients de passer d'un service numérique de santé à un autre sans multiplier les authentifications ? La différence est considérable. Dans le premier cas, nous améliorons la sécurité et la réutilisation de l'identité. Dans le second, nous commençons à transformer l'expérience numérique du patient. Les deux ambitions sont légitimes. Mais elles ne doivent pas être présentées comme déjà équivalentes.

6. ACTE III — SIMPLIFIER : le numérique obtient 6,8/10

Pour ouvrir la dernière table ronde, j'ai demandé au public : « Aujourd'hui, sur 10, à quel point le numérique simplifie-t-il réellement votre parcours de santé ? » Le résultat a été :

6,8 / 10

91 réponses recueillies pendant la conférence. Ce chiffre mérite d'être regardé avec prudence. Il ne constitue pas une enquête représentative de la population française. Il traduit la perception des participants ayant répondu au sondage pendant la soirée. Mais il est intéressant pour une raison simple. Il ne révèle ni un rejet massif du numérique ni une satisfaction totale. Il suggère que des progrès sont perçus, mais que la promesse de simplification reste inachevée. J'ai donc proposé aux intervenants une question très concrète : Comment gagner les points manquants ?

Jean-Yves Le Magueresse : la simplicité vue par les patients

Jean-Yves LE MAGUERESSE , de France Assos Santé , a rappelé que la simplicité imaginée par les concepteurs ne correspond pas toujours à celle vécue par les patients. L'exemple d'un couple âgé confronté à un QR code dans une clinique illustre parfaitement ce décalage. Une procédure pensée pour accélérer une démarche peut devenir un obstacle lorsqu'elle suppose des compétences, un équipement ou une autonomie que tout le monde ne possède pas. Que se passe-t-il lorsqu'un patient n'a pas de smartphone ? Lorsqu'il ne comprend pas les instructions ? Lorsqu'il est malade, fatigué ou dépendant d'un aidant ? Lorsqu'il ne maîtrise pas les outils numériques ? Une simplification qui exclut une partie des utilisateurs ne peut pas être considérée comme une réussite complète.

Laure Lecaime : vers « un seul geste »

Laure Lecaime , du GIE SESAM-Vitale, a décrit une perspective particulièrement concrète. Aujourd'hui, certaines démarches peuvent nécessiter de présenter successivement une pièce d'identité, la carte Vitale et des informations de complémentaire santé. L'objectif est de simplifier cette succession d'opérations. La perspective d'un geste plus fluide est attractive. Mais il faut conserver une nuance essentielle. Réduire le nombre d'étapes visibles ne signifie pas supprimer les contrôles nécessaires. La simplification doit préserver la compréhension des actions effectuées, la maîtrise des données et les garanties de sécurité.

Annika Dinis : mesurer les démarches réellement facilitées

Avec Annika Dinis , de la CNAM, nous avons abordé les usages quotidiens. Une fonctionnalité supplémentaire ne constitue pas, à elle seule, un progrès. Ce qui compte, c'est la réduction effective des démarches, des ressaisies, des déplacements ou des opérations répétitives. Cette distinction nous ramène à la question de l'impact. Le bon indicateur n'est pas seulement le nombre de fonctionnalités disponibles. C'est ce qu'elles permettent d'éviter ou d'améliorer.

Grégoire Ollivier : la complémentaire santé, prochain maillon du parcours

Grégoire Ollivier , de l' inter AMC, a apporté la perspective des complémentaires santé. Le rapprochement des dimensions AMO et AMC ouvre des possibilités de simplification. Mais pour que la promesse soit réelle, les informations doivent être fiables, actualisées et correctement prises en compte par les acteurs concernés. Il ne suffira pas d'afficher une information supplémentaire dans l'application. Il faudra qu'elle soit effectivement exploitable dans les parcours.

Jérôme Fabiano : industrialiser plutôt que multiplier les expérimentations

Jérôme Fabiano , représentant numeum , a prolongé la discussion sur la capacité de l'écosystème à déployer les solutions à grande échelle. Le défi n'est pas uniquement de produire de nouvelles fonctionnalités. Il est de construire des solutions maintenables, interopérables, intégrables et capables de fonctionner durablement dans des environnements variés. Une démonstration réussie ne garantit pas une industrialisation réussie. Et une industrialisation réussie ne garantit pas, à elle seule, l'adoption.

Ce que je retiens de l'acte SIMPLIFIER

La simplification n'est pas une fonctionnalité. C'est le résultat d'une coopération entre acteurs. Elle suppose que les institutions, les industriels, les éditeurs, les professionnels et les représentants des usagers travaillent sur le même parcours. Et pas seulement sur leur propre composant.

7. RÉSILIENCE ET INCLUSION — Les deux tests les plus exigeants

Les débats ont fait apparaître deux dimensions qui méritent d'être traitées au même niveau que la sécurité et l'interopérabilité.

La résilience : que se passe-t-il lorsque tout ne fonctionne pas ?

Les présentations techniques décrivent généralement le parcours idéal. Le patient possède son téléphone. L'application fonctionne. Le réseau est disponible. Le fournisseur d'identité répond. Le logiciel métier est opérationnel. Mais que se passe-t-il lorsqu'un de ces éléments manque ? Un téléphone perdu, une batterie déchargée, une panne réseau, une indisponibilité du fournisseur d'identité ou un incident sur le service raccordé peuvent interrompre une démarche. Dans le domaine de la santé, ces situations ne peuvent pas être traitées comme de simples désagréments. Il faut prévoir des procédures de continuité adaptées aux usages. Ces procédures doivent être documentées, testées et comprises par les équipes. Et elles ne doivent pas transformer le fonctionnement dégradé en contournement permanent des exigences de sécurité.

L'inclusion : la carte physique reste nécessaire, mais pas suffisante

La carte Vitale physique reste complémentaire de l'application mobile. C'est important. Mais cela ne règle pas toutes les situations. L'accès aux services numériques peut également dépendre de l'accompagnement à l'activation, de la récupération d'accès, de l'accessibilité des interfaces ou de la possibilité d'agir avec l'aide d'un tiers. Il faut aussi traiter les situations de représentation légale, d'aidance et de dépendance. Une personne qui ne peut pas utiliser le dispositif numérique et une personne qui en est temporairement privée ont, toutes deux, besoin d'une solution de repli.

8. FINANCEMENT — Qui paiera la simplicité ?

C'est une question que l'on aborde trop rarement avec suffisamment de précision. Les infrastructures numériques de confiance nécessitent des investissements initiaux. Mais elles entraînent aussi des coûts récurrents. Il faut financer l'intégration des services, l'adaptation des logiciels, les audits, la maintenance, les évolutions techniques, le support et l'accompagnement. Certains travaux d'interopérabilité et de modernisation des logiciels ont bénéficié de mécanismes de financement public, notamment dans le cadre du Ségur du numérique en santé. Cela ne signifie pas que l'ensemble des coûts liés au nouveau fournisseur d'identité est couvert. Il faut distinguer les investissements dans l'infrastructure commune, les coûts d'intégration supportés par les fournisseurs de services et les coûts d'exploitation dans la durée.

Trois questions économiques

Qui investit ? L'État, l'Assurance Maladie, les opérateurs, les éditeurs, les établissements ou les professionnels ? Qui bénéficie ? Le patient qui évite une démarche, le professionnel qui gagne du temps, l'établissement qui réduit ses coûts administratifs ou le système de santé dans son ensemble ? Qui supporte les coûts récurrents ? Car une solution gratuite à l'usage pour le patient peut rester coûteuse à maintenir et à intégrer. La répartition des coûts et celle des bénéfices ne coïncident pas nécessairement. C'est un problème classique des infrastructures numériques partagées. Un acteur peut devoir investir alors que les économies sont réalisées ailleurs.

Ce qu'il faut encore documenter

Nous ne disposons pas, à ce stade, d'une estimation consolidée et vérifiée du coût complet d'intégration du fournisseur d'identité de l'appli carte Vitale, ni d'un retour sur investissement démontré. Il serait donc prématuré d'annoncer des économies globales. En revanche, nous pouvons déjà définir les questions auxquelles une évaluation économique devra répondre. Combien coûte un raccordement ? Quel est le coût de maintenance ? Quel temps administratif est réellement économisé ? Combien de démarches ou d'erreurs sont évitées ? Et comment ces gains se répartissent-ils entre les acteurs ?

9. Le dernier Mentimeter : de la sécurité à la simplicité

En fin de conférence, j'ai demandé au public : « Après ces échanges, quel mot devrait guider la prochaine étape du numérique en santé ? » Le dernier nuage de mots, alimenté par 80 réponses, a fait ressortir notamment : Simplicité. Interopérabilité. Simplification. Ergonomie. Sécurité. Confiance. Et, il faut le reconnaître, le mot « apéro » a également remporté un certain succès ! Après près de deux heures de discussions, la continuité du parcours jusqu'au cocktail faisait manifestement partie des attentes. Au-delà de l'humour, la comparaison avec le premier nuage de mots est intéressante. Au début de la soirée, la sécurité dominait les réponses. À la fin, les participants exprimaient davantage des attentes liées à la simplicité et à l'interopérabilité. Il ne s'agit pas d'une mesure scientifique de l'évolution des opinions. Mais c'est une bonne illustration de la trajectoire de notre conférence.

La sécurité est une condition de départ. La simplicité est la valeur attendue.

Entre les deux, il faut construire des services qui fonctionnent réellement ensemble.

10. DAVID SAINATI — Passer des chiffres de déploiement aux preuves d'impact

Pour conclure la conférence, David Sainati , directeur adjoint de la DGRINES, a proposé une lecture plus large de la transformation numérique en santé. Son intervention a introduit une question essentielle. Pendant des années, nous avons beaucoup mesuré le numérique en santé à travers ses déploiements. Combien de logiciels raccordés ? Combien de comptes créés ? Combien de documents échangés ? Combien de services disponibles ? Ces indicateurs sont utiles. Ils permettent de suivre la construction des infrastructures. Mais ils ne suffisent pas à démontrer leur valeur. David Sainati a insisté sur la nécessité de dépasser ces chiffres pour mesurer les effets réels des services numériques. Le temps gagné par les professionnels. Les démarches évitées. Les ruptures de parcours supprimées. Les bénéfices réellement observables.

Une infrastructure déployée n'est pas nécessairement une infrastructure utile

Prenons quelques exemples. Un professionnel peut disposer d'un accès numérique supplémentaire sans gagner une minute. Un patient peut avoir plusieurs applications sans voir ses démarches simplifiées. Un document peut être échangé sans être consulté au moment où il serait utile. Une identité peut être correctement authentifiée sans que le parcours soit plus fluide. À l'inverse, une amélioration apparemment modeste peut produire un bénéfice considérable lorsqu'elle est répétée à grande échelle. Supprimer une ressaisie. Éviter une réauthentification inutile. Réduire une erreur d'identité. Retrouver immédiatement le bon dossier. Éviter un déplacement ou une démarche administrative. Ce sont ces résultats qu'il faut mesurer.

Comment mesurer sérieusement l'impact ?

Je proposerais de construire l'évaluation autour de quatre dimensions. L'expérience utilisateur : temps nécessaire pour accomplir une démarche, taux d'abandon, satisfaction, besoin d'assistance et accessibilité. L'efficacité opérationnelle : temps administratif économisé, nombre de ressaisies évitées, taux d'échec des connexions et fréquence des incidents. La qualité et la sécurité : erreurs d'identification, problèmes de rapprochement de dossiers, incidents de sécurité et continuité de service. L'impact économique : coût complet des intégrations, maintenance, support, coûts évités et répartition des bénéfices. Mais ces indicateurs ne doivent pas simplement être additionnés dans un tableau de bord. Il faut comparer des situations avant et après intégration, tenir compte des différences entre utilisateurs et mesurer les effets dans les parcours réels. Compter une connexion réussie est facile. Démontrer qu'elle a amélioré le parcours est beaucoup plus exigeant.

Le financement et la mesure d'impact doivent avancer ensemble

David Sainati a également évoqué la question des moyens nécessaires pour poursuivre la transformation du numérique en santé. C'est un point décisif. Les investissements publics ne peuvent pas être évalués uniquement sur la capacité à déployer une infrastructure. Ils doivent aussi pouvoir être appréciés au regard des résultats obtenus. Cela ne signifie pas que chaque bénéfice doit être immédiatement monétisé. La sécurité, la confiance, l'équité d'accès et la souveraineté ont une valeur qui ne se résume pas à des économies budgétaires. Mais cela signifie que nous devons être capables de documenter ce que les investissements rendent possible et ce qu'ils améliorent effectivement.

11. ANTHONY GOMES DE CARVALHO — De l'ambition collective à la transformation des usages

Pour refermer cette conférence stratégique, Anthony Gomes de Carvalho, directeur général du GIE SESAM-Vitale, est revenu sur scène. Son intervention finale avait une place particulière dans notre construction : après trois tables rondes consacrées à l'identification, à la connexion des services et à la simplification des parcours, il revenait au GIE SESAM-Vitale de clôturer cette réflexion collective. La soirée avait permis de faire dialoguer des acteurs qui partagent une ambition, mais qui n'abordent pas nécessairement la transformation numérique avec les mêmes contraintes. Les institutions doivent garantir la sécurité et la confiance. Les industriels et les éditeurs doivent intégrer les nouvelles infrastructures dans des environnements techniques et économiques complexes. Les professionnels de santé attendent des solutions fiables, rapides et adaptées à leurs pratiques. Les patients veulent avant tout des démarches plus simples, sans renoncer à la protection de leurs données ni à leur liberté de choix. C'est précisément dans la capacité à rapprocher ces attentes que se jouera la réussite de l'identité numérique en santé. L'annonce, en ouverture, de l'évolution de l'appli carte Vitale vers une fonction de fournisseur d'identité donnait à cette édition des Vitale DAYS une dimension particulière. Elle marque une étape dans le passage d'une carte utilisée principalement pour des démarches de soins à un moyen d'identification susceptible d'être mobilisé par différents services numériques autorisés. Mais cette transformation ne pourra produire toute sa valeur que si l'écosystème s'en empare. Une infrastructure, aussi robuste soit-elle, ne simplifie pas les parcours par sa seule existence. Il faut des services raccordés, des logiciels adaptés, des professionnels accompagnés et des utilisateurs qui en perçoivent les bénéfices. C'est pourquoi je retiens de cette conclusion une question qui dépasse les seuls enjeux technologiques : Comment transformer une infrastructure commune en une expérience réellement partagée, simple et digne de confiance ? Les Vitale DAYS ont précisément cette vocation : réunir les acteurs qui doivent construire ensemble la prochaine étape du numérique en santé. Et cette prochaine étape ne se résumera pas au nombre de services raccordés. Elle se mesurera à notre capacité collective à faire disparaître les frictions qui compliquent encore trop souvent les parcours des patients et le quotidien des professionnels.

12. CE QUE JE CHALLENGERAIS MAINTENANT — Dix questions pour l'écosystème

À l'issue de cette conférence, je retiens dix questions qui devraient guider les prochaines étapes. 1. La confiance dès l'activation. Comment garantir une identité suffisamment forte sans transformer l'enrôlement en obstacle ? 2. La séparation des responsabilités. Comment distinguer clairement identité, authentification, référencement des données et habilitations ? 3. Le SSO réel. Comment passer d'un fournisseur d'identité commun à des parcours interservices plus fluides, sans réduire le niveau de sécurité ? 4. L'intégration. Comment éviter que chaque fournisseur de services reconstruise ses propres mécanismes d'identification ? 5. Le modèle économique. Qui finance les raccordements, les évolutions et la maintenance, et comment répartir équitablement les coûts ? 6. La cohérence des identités. Comment articuler identité civile, INS, AMO et AMC sans créer de confusion sur leurs usages ? 7. La continuité des parcours. Comment faire en sorte que les services raccordés forment un véritable parcours plutôt qu'une juxtaposition d'applications ? 8. La résilience. Quelles solutions sont prévues lorsqu'un téléphone, un réseau, un fournisseur d'identité ou un logiciel devient indisponible ? 9. L'inclusion. Comment garantir l'accès aux droits et aux soins pour les personnes qui ne peuvent pas utiliser les parcours numériques ? 10. La preuve d'impact. Quels résultats permettront de démontrer que cette infrastructure améliore effectivement l'expérience des patients, les conditions de travail des professionnels et l'efficience du système de santé ? Ces questions ne concernent pas uniquement le GIE SESAM-Vitale. Elles concernent les institutions, l'Assurance Maladie, les complémentaires, les industriels, les éditeurs, les établissements, les professionnels et les représentants des usagers. Car une infrastructure de confiance ne peut pas réussir seule.

CONCLUSION — J'ajouterais désormais un quatrième verbe

J'avais construit cette conférence autour de trois verbes. IDENTIFIER, pour établir la confiance. CONNECTER, pour transformer cette confiance en services. SIMPLIFIER, pour rendre ces services réellement utiles. Après les échanges du Mans, j'en ajouterais un quatrième.

PROUVER.

Prouver que les professionnels gagnent du temps. Prouver que les démarches deviennent plus simples. Prouver que les données sont mieux protégées. Prouver que les parcours sont plus continus. Prouver que les patients les plus fragiles ne sont pas laissés de côté. Prouver enfin que les investissements collectifs produisent une valeur mesurable. Parce que le numérique en santé ne doit pas être jugé uniquement sur ce qu'il rend techniquement possible. Il doit être jugé sur ce qu'il change réellement. La carte est devenue une identité. L'identité devient une clé. La clé ouvre des services. Et maintenant, il faut démontrer que ces services améliorent les parcours. C'est, à mes yeux, le principal enseignement des Vitale DAYS 2026. Et c'est un chantier qui ne fait que commencer.

MERCI À CELLES ET CEUX QUI ONT RENDU CETTE SOIRÉE POSSIBLE

Merci à Cécile Alomar, Anthony Gomes de Carvalho et Guillaume Couillard pour leurs interventions d'ouverture, ainsi qu'à David Sainati pour son regard conclusif. Merci aux quinze intervenants des trois tables rondes : Sébastien Houget, Laurent Joubert, Emmanuel Gomez, Valérian Ponsinet, William Rolland, Linda Debernardi, David Ledru, Nathalie Cauquelin, Jean-François Magne, Élodie Dupont, Jean-Yves Le Magueresse, Laure Lecaime, Annika Dinis, Grégoire Ollivier et Jérôme Fabiano. Merci aux équipes du GIE SESAM-Vitale, notamment Sophie Buet et Patrice Hillaire , pour l'organisation, et au public pour sa participation et ses contributions.

📚 POUR APPROFONDIR

📘 Livre blanc Pharmageek — Identité numérique en santé : de la carte à l'infrastructure de confiance Une analyse approfondie de l'identification, du fournisseur d'identité, de l'interopérabilité, du SSO, de la résilience et de l'inclusion. 👉 https://lnkd.in/evhF-DwG 🎬 Vidéo pédagogique — Comprendre l'identité numérique en santé en 8 min 25 👉 https://youtu.be/vV0EB4lbavM 🎥 Entretien long avec Guillaume Couillard 👉https://youtu.be/k3A9Yd3I7aw 🔎 Documentation officielle — Fournisseur d'identité de l'appli carte Vitale 👉 https://www.sesam-vitale.fr/fr/web/sesam-vitale/appli-carte-vitale-fournisseur-d-identite

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Texte récupéré depuis la publication d’origine le 21 octobre 2026. Les informations sont à lire à leur date de publication. Les liens et médias d’origine se consultent sur LinkedIn.

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