VivaTech 2026, jour 2 : la personnalisation comme infrastructure
Le deuxième jour de VivaTech sous l’angle de la personnalisation, des usages et de leurs conséquences sur les services et la santé.

Carnet de terrain d'un analyste HealthTech & IA au cœur de VivaTech - Jour 2
Introduction
Hier, je vous parlais de santé prédictive, de longévité et d'informatique invisible. Aujourd'hui, un autre fil conducteur s'est imposé au fil des Learning Expeditions organisées par le HUB Institute . À première vue, les entreprises visitées avaient peu de choses en commun. Une startup de lentilles intelligentes. Un géant mondial de la cosmétique. Des spécialistes de neurosciences. Des robots humanoïdes. Des plateformes d'intelligence artificielle. Et pourtant, toutes semblaient poursuivre le même objectif : Nous sommes peut-être en train d'assister au passage d'une économie de masse à une économie de l'individu.
La fin du produit standard
Pendant des décennies, l'innovation consistait à fabriquer un produit capable de convenir au plus grand nombre. Aujourd'hui, la logique s'inverse. Chez LILLYCOVER , la cosmétique n'est plus produite à l'avance. Elle est créée à partir d'un diagnostic cutané réalisé en temps réel grâce à l'intelligence artificielle et à la robotique de formulation. Le produit n'est plus la finalité. Il devient la conséquence de la donnée. Cette logique dépasse largement le secteur de la beauté. Elle préfigure probablement ce qui attend demain la nutrition, la prévention, la santé, voire certains médicaments.
Le cerveau devient une donnée
L'un des stands les plus fascinants de la journée était sans doute celui de Brain Impact Neuroscience . Depuis des années, les entreprises interrogent leurs clients. Brain Impact propose autre chose : observer directement les réactions du cerveau grâce aux neurosciences et à l'imagerie fonctionnelle afin de comprendre les mécanismes inconscients de décision. La question devient alors vertigineuse. Lorsque nous pourrons mesurer avec précision ce qui suscite l'attention, l'émotion ou le désir, que restera-t-il de notre libre arbitre marketing ? Nous entrons progressivement dans l'ère du consommateur transparent.
Quand l'IA quitte définitivement le laboratoire
Chez AWS, le discours était très différent de celui entendu il y a encore deux ans. Plus personne ne parle réellement de démonstrateurs. Plus personne ne parle de Proof of Concept. Le sujet est désormais l'industrialisation. Comment déployer l'IA à grande échelle ? Comment l'intégrer dans les processus ? Comment créer un impact mesurable ? L'intelligence artificielle cesse progressivement d'être un projet. Elle devient une infrastructure. Comme l'électricité ou Internet avant elle.
Quand l'IA obtient un corps
Autre signal fort de cette journée : AGIBOT . Longtemps, nous avons pensé l'IA comme un logiciel. AGIBOT nous rappelle qu'elle pourrait bientôt devenir physique. La robotique humanoïde franchit progressivement un nouveau cap. Les robots ne se contentent plus d'exécuter des tâches répétitives. Ils apprennent. Ils interagissent. Ils s'adaptent. L'IA générative rencontre désormais le monde réel. Et cela ouvre des perspectives considérables pour la logistique, l'industrie, le commerce ou encore la santé.
Le véritable signal faible
En quittant le salon, une idée me revenait sans cesse. Depuis vingt ans, nous avons construit un monde numérique centré sur les produits. Applications. Sites web. Objets connectés. Plateformes. Aujourd'hui, la logique semble s'inverser. La donnée devient première. L'individu devient le point de départ. Le produit devient secondaire. Qu'il s'agisse de santé, de beauté, de commerce ou de travail, tous les acteurs observés aujourd'hui poursuivent finalement le même objectif : comprendre chacun d'entre nous suffisamment bien pour personnaliser l'expérience en temps réel. La question n'est donc plus de savoir si l'intelligence artificielle va transformer nos organisations. Elle le fait déjà. La véritable question est désormais : jusqu'où sommes-nous prêts à être compris pour bénéficier d'une expérience toujours plus personnalisée ?
Conclusion
Après deux journées passées à parcourir les allées de VivaTech, une conviction se renforce. L'IA n'est plus une technologie. Elle devient progressivement l'infrastructure invisible qui relie les données, les décisions et les comportements. Et c'est probablement cette transformation silencieuse qui façonnera la prochaine décennie.
Texte récupéré depuis la publication d’origine le 21 octobre 2026. Les informations sont à lire à leur date de publication. Les liens et médias d’origine se consultent sur LinkedIn.
Poursuivre avec la bibliothèque du média · Sources, traductions et démarche éditoriale.